Un parasite venu d'Asie
Varroa destructor est un acarien originaire d'Asie du Sud-Est. En France, la maladie qu'il provoque, la varroose, a été reconnue pour la première fois le 1er novembre 1982, dans le canton de Wissembourg (Bas-Rhin)1. Quarante ans plus tard, sa prévalence est proche de 100 % et son éradication paraît illusoire2 : il ne s'agit plus de s'en débarrasser, mais de le contenir.
Pourquoi il est si redoutable
Le varroa se développe dans le couvain operculé et se nourrit sur les abeilles. Il les affaiblit et favorise la diffusion de virus. Sans suivi ni traitement, une colonie infestée décline en quelques saisons. C'est pourquoi la lutte contre le varroa rythme toute l'année apicole.
Des traitements autorisés, mais à bien utiliser
En 2025, les apiculteurs français disposaient, selon l'Anses, de six substances actives bénéficiant d'une autorisation de mise sur le marché (AMM) contre le varroa. L'amitraze reste la plus utilisée, mais son efficacité aurait reculé, de plus de 95 % à environ 90 %, un recul attribué à l'apparition de résistances3.
- N'utiliser que des médicaments disposant d'une AMM, en respectant doses, durées et périodes.
- Alterner les molécules d'une année sur l'autre pour limiter les résistances4.
- Bannir les produits non autorisés, qui laissent des résidus durables dans les cires4.
Miser sur la lutte intégrée
Les recommandations convergent : réduire le recours aux acaricides et les combiner avec des méthodes non chimiques, comme le piégeage dans le couvain de mâles, la création d'essaims artificiels ou l'encagement de la reine. Elles fonctionnent d'autant mieux qu'elles sont coordonnées entre ruchers voisins4.
À plus long terme, la sélection d'abeilles capables de résister au varroa est une piste prometteuse, sur laquelle travaillent les laboratoires de recherche5.
Le rôle du réseau
Comptages réguliers des chutes de varroas, choix du bon moment pour traiter, partage des résultats entre apiculteurs : c'est le cœur des journées techniques et de l'accompagnement proposés par le réseau ADA à ses adhérents.
À retenir
- Le varroa est présent dans presque toutes les colonies : on le contient, on ne l'éradique pas.
- Seuls les médicaments avec AMM sont autorisés ; alterner les molécules limite les résistances.
- La lutte la plus efficace combine traitements, méthodes biotechniques et coordination entre ruchers.
Sources
- « Étude du premier foyer français de varroatose de l'abeille » (Isidore)
- GDS France, fiche technique n° 4 sur la varroose
- Réussir Apiculture, « Varroa et acaricides : mesurer la sensibilité pour mieux lutter »
- Assemblée nationale, réponse à la question écrite n° 89613 (14ᵉ législature)
- INRAE, travaux sur la sélection d'abeilles résistantes au varroa (HAL)